Un Musée des captivités de guerre en projet à Foucarville, dans la Manche

Article publié le 6 mai 2026 sur Ouest France « ligne de la défense » l’actualité de la défense d’Ouest en Est – Par Philippe Chapleau

Le tourisme mémoriel dans la Manche va s’enrichir d’une nouvelle étape.

© TRACKS Architectes | Romain Ghomari

Le 12 décembre 2025, le conseil départemental de la Manche a officiellement lancé le projet de musée des captivités de guerre à Foucarville, commune qui a accueilli plus de 100 000 prisonniers allemands, entre juin 1944 et début 1947. Ce musée, le MUCAP,  sera créé près du site qui a vu passer plus de 100 000 prisonniers allemands, après de débarquement de juin 1944. Le construire sur le site de l’ancien camp de prisonniers n’a pas été possible en raison des contraintes d’urbanisme.

« Il ne s’agit pas d’un énième musée », précise Maryse Le Goff, conseillère départementale du canton de Carentan. « Ce sera un musée différent. Il se veut comme un outil de médiation , tissant des liens avec le présent « . Le projet prévoit un bâtiment de 1370 m² sur un site de 1,3 ha, situé entre le bourg de Ravenoville et l’ancien camp de Foucarville. Un jardin mémorial symbolisant le camp sera également créé. Le budget est évalué à onze millions d’euros avec pour moitié un financement de l’Europe. Le département et la région apportant chacun 200 000 € de subventions. L’association Warren-Kennedy présidée par Dominique Imbert prendra aussi une partie du budget à sa charge, par le biais de mécénats et le recours à l’emprunt.

Comme le rappelait La Presse de la Manche, le 30 avril 2025, le plus grand camp de prisonniers d’Europe était installé dans un bourg manchois d’à peine 200 habitants. « C’est devenu en quelques mois une véritable ville comprenant un éclairage électrique, une ligne de chemin de fer, deux églises, un hôpital (1 000 lits), une boulangerie avec cinq fours, un cinéma et deux théâtres… Ce lieu appelé Continental central enclosure n° 19, prévu à l’origine pour 20 000 hommes s’est agrandi au fil des mois pour accueillir jusqu’à 60 000 prisonniers dont 218 généraux et quatre amiraux. Ce camp a été construit sur 100 hectares avec l’aide des prisonniers eux-mêmes. Il était desservi par une voie de chemin de fer surnommée par dérision « le rapide de Foucarville ». Il a fermé début 1947 et une stèle a été érigée pour rappeler son existence. »

À la tête du camp, un commandant américain, le lieutenant-colonel Kennedy. D’où le nom de l’association Warren-Kennedy présidée par Dominique Imbert et qui pilote le projet de musée.

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