On en sait plus sur le projet de Musée des captivités dans cet l’ancien camp de prisonniers allemands en Normandie

Article paru sur Ouest France le 18/04/2026 par Christophe Leconte

Le MUCAP (Musée des captivités de guerre) ouvrira au printemps 2028 à Foucarville, aujourd’hui une commune rattachée à Sainte-Mère-Église (Manche). Contenu, fonctionnement, prix : on en sait plus sur ce projet au thème inédit sur un ancien camp de prisonniers de 1944.

L’association W.J. Kennedy, du nom du commandant américain du camp de prisonniers de Foucarville, est une association française créée sous l’égide de deux fondations (W.J. Kennedy et Mérimée), les plus à même de collecter du mécénat. L’association sera propriétaire et gestionnaire du MUCAP, le
Musée des captivités de guerre.

Une aquarelle de l’entrée du camp de Foucarville, peinte par un prisonnier allemand. | COLLECTION W.J. KENNEDY © FONDATION W.J. KENNEDY

« Notre fonctionnement est calé sur le modèle associatif du musée Airborne de Sainte-Mère-Eglise, qui nous parraine », souligne Maya Duburch, déléguée générale. Autour du président Dominique Imbert, il y a aussi Jean Quétier, président du Comité du Débarquement, l’auteure Anne Broilliard et l’historien Fabien Théofilakis dans l’équipe dirigeante…

Quelle est l’origine du projet ?

Le livre d’Anne Broilliard et Benoit Lenoël, « Prisonniers allemands en Normandie », en 2017. « Il a fait sortir de l’oubli le plus grand camp de prisonniers allemands en Europe créé par les Américains. »
L’autre ressort fut le don des archives du colonel Kennedy par sa fille. Jusqu’à lors, « ces archives dormaient dans un grenier du Connecticut. Le fonds Kennedy comporte environ 3 000 documents d’archives et objets : des documents logistiques, des courriers, la production des prisonniers dans le camp… » Le fonds a été numérisé par la Fabrique des patrimoines, à Caen.

Que sait-on du fonctionnement du camp ?

Il a été ouvert le 9 juin 1944 pour en faire un camp de transit. « Il est devenu rapidement un camp permanent, vu l’afflux de prisonniers au fur et à mesure que les troupes alliées libéraient la France », poursuit Maya Duburch. Le nombre de prisonniers allemands passés à Foucarville est estimé à 100 000. « Les prisonniers n’allaient pas travailler à l’extérieur, comme dans la plupart des autres camps. »
Il y eut des cours d’éducation à la démocratie donnés à des jeunes prisonniers. Le camp de Foucarville a été démantelé en 1947. « Il n’en reste plus rien, sauf quelques traces d’empierrages de chemins. »

Quel sera le contenu du musée ?

Foucarville fut un camp modèle « mais le musée ne parlera pas que de Foucarville ». Trois autres camps de prisonniers seront présentés (à Aubagne, administré par la France, en Angleterre et en Pologne) « sous le contrôle de Fabien Théofilakis, grand spécialiste de la captivité de guerre. On aborde également le droit des prisonniers de guerre, la rééducation voire la dénazification, des témoignages d’anciens prisonniers… »
L’objectif est de montrer un aspect de la guerre « peu ou pas connu du public, en complément des musées existants. » Il y aura des archives, des objets, de l’audiovisuel, des audioguides en trois langues… À l’extérieur, l’ancien camp sera visible « d’un belvédère, dans le jardin mémoriel. Nous avons aussi dix ans de programmation d’expositions temporaires, sur le thème des captivités de guerre dans le monde. »

Quel budget et quel calendrier ?

L’association prévoit un budget de 11,8 millions dont 57 % de subventions publiques (Europe, Normandie et Département de la Manche). Outre un emprunt bancaire, « du mécénat américain, allemand et français devrait couvrir 33 % des dépenses. Nous avons déjà collecté plus d’un million d’euros, ce qui nous a permis de démarrer l’opération ».
Le chantier doit débuter à l’automne 2026 et l’ouverture du musée est prévue au printemps 2028. Une fouille archéologique de l’ancien camp, « non invasive à l’aide de scanner », est également prévue.

Pour quels visiteurs ?

Outre le public habituel des musées du Débarquement, le Mucap pourrait intéresser des visiteurs d’Outre-Rhin. Peu visibles, « des descendants de prisonniers viennent en Normandie depuis longtemps », notamment au cimetière allemand de La Cambe.
L’association prévoit une fréquentation annuelle de 70 000 personnes. Une dizaine de personnes, saisonniers compris, y seront employées et des fonctions seront mutualisées avec le musée Airborne. Le tarif plein sera de 11 € l’entrée.

Voir l’article sur le site Ouest France

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