Un musée pour ne pas oublier

Il verra le jour au printemps 2028, à Foucarville. Le futur musée de la captivité de guerre allemande sera le premier entièrement consacré à ce sujet. Présentation.

Article publié dans Manche’Mag Avril 2026

ENTRETIEN AVEC…
Catherine Brunaud-Rhyn, vice-présidente en charge de l’attractivité, de la culture et de la valorisation du territoire

En quoi ce projet de musée de la captivité a-t-il tout son sens dans la Manche ?
La captivité durant la Seconde Guerre mondiale est un sujet peu abordé. Ce projet vient éclairer cette page importante de notre Histoire, dans un souci de complémentarité avec ce qui existe déjà en matière de musées et de lieux de mémoire sur notre territoire. Et le site choisi pour ce musée est tout aussi symbolique, puisqu’il sera implanté entre le bourg de Ravenoville et l’ancien camp de prisonniers de Foucarville. Pour rappel, il fut le plus grand camp de prisonniers allemands en Europe.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce camp de prisonniers ?
Au départ, en juin 1944, il s’agit d’un camp de fortune, destiné au transit des prisonniers. Mais, au fil des mois et face à l’afflux de prisonniers, le besoin de le redimensionner et de le pérenniser se fait ressentir. Rapidement, c’est une véritable ville qui se met en place, avec ses rues et ses installations : boulangerie, églises, théâtre, équipements sportifs… le respect de la personne est très présent, et un effort tout particulier est porté sur l’éducation, car le camp accueille beaucoup de jeunes, âgés de 12 à 17 ans. Entre 1944 et 1947, près de 100 000 prisonniers de guerre y ont séjourné ou transité.

Quelle est la philosophie portée par ce projet de musée ?
Elle est très en phase avec les valeurs d’humanisme, de réconciliation et de paix que portait le colonel Warren J. Kennedy, le commandant du camp. Cette notion de captivité sera donc abordée pour en comprendre les contours, mais aussi la contextualiser et la comparer avec d’autres camps européens de la même époque.

Que pourrons-nous voir sur place ?
Le site s’étend sur 1,3 hectare, avec un jardin mémoriel et un belvédère permettant d’avoir une vue sur l’ancien camp. Dans la partie musée, les 1 370 m² accueilleront plusieurs espaces, pour les expositions permanente et temporaire, mais aussi une salle de médiation et un espace de réserve des collections.

Où en est le projet ?
Après la phase d’étude et le choix des entreprises, le début des travaux est prévu pour ce printemps 2026. Deux ans seront nécessaires, et l’ouverture au public est ciblée au printemps 2028.

Pourquoi le Département soutient-il cette initiative ?
Ce lieu de mémoire porté par l’Association Warren J. Kennedy sera un très bel outil de médiation et d’éducation. La démarche scientifique est sérieuse et la conception architecturale de qualité. Il s’agit pour la Manche d’un musée qui a toute sa place dans notre paysage mémoriel et touristique. Le soutien du Département à hauteur de 200 000 € illustre notre attachement à ce projet portant des valeurs qui nous sont chères.

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