Le chantier du Musée des captivités de guerre devrait être lancé en 2026 à Ravenoville

Article publié dans Ouest-France le 23/06/2026

Les premiers coups de pioche du futur Musée des captivités de guerre (Mucap), implanté sur le territoire de Ravenoville (Manche), interviendront dès le mois d’octobre 2026. Ouverture espérée en 2028.

Un musée sur le camp de prisonniers devrait ouvrir à Ravenoville. | Collection Benoit LENOËL

Dominique Imbert, président de la Fondation Warren J. Kennedy, porteuse du Musée des captivités de guerre et Maya Duburch, pilote du projet prévu dans le village de Ravenoville, sont venus, jeudi 18 juin 2026, apporter la bonne nouvelle au conseil municipal : 2026 sera l’année du top départ du chantier. Après avoir été impulsé par Pierre Aubril, ancien maire de Ravenoville, et Alain Holley, ancien maire de Sainte-Mère-Église, le projet sera donc finalisé avec Yohann Letouzé, nouveau maire de Sainte-Mère-Eglise.

 Dix ans de travail acharné 

Tout commence en 2016. Une exposition à l’Airborne Museum, préparée par la maire déléguée de l’époque Elisabeth Imbert et son équipe de bénévoles, raconte l’histoire méconnue du Continental enclosure n° 19, le plus grand camp de prisonniers allemands d’Europe, implanté par l’armée américaine dès 1944 dans le village de Foucarville. Un univers à la fois carcéral, de travail et de rééducation à la démocratie. On estime que 100 000 hommes, tant officiers que fantassins, y sont passés, Parmi eux, beaucoup de très jeunes.

Dominique Imbert, président de la Fondation Warren J. Kennedy, porteuse du Musée des captivités de guerre et Maya Duburch, pilote du projet | © Ouest France

En 2017, le livre Prisonniers allemands en Normandie d’Anne Broillard et Benoît Noël jette un pont avec l’Outre-Atlantique et la fille du colonel Kennedy, commandant du camp.

En 2026, le projet, adoubé par des organismes publics, des mécènes, des institutions, est sur les rails de la concrétisation. Après dix ans de travail acharné, l’appel d’offres a été lancé. Nous avons 49 candidats pour le gros œuvre et 39 pour la scénographie. Financièrement, on cherche encore un peu mais il est financé, assure le président. Les financements sont à la fois publics et privés.

Un musée  à hauteur d’homme 

Le musée sera composé de trois bâtiments construits dans un écrin de verdure et d’un belvédère pour visualiser l’emplacement du camp. Le tout dans une architecture respectueuse.

Concernant la muséographie, nous allons montrer beaucoup d’objets et de documents pour découvrir de façon intime la vie des prisonniers. Le musée se veut à hauteur d’homme avec beaucoup d’histoires personnelles. Mais le concept va plus loin avec la comparaison des autres formes de captivités des soldats allemands, en Angleterre ou ailleurs en France, là où le souvenir prégnant de la cruauté nazie a été plus sensible que dans le camp américain.

En résumé, ce musée de sortie de guerre est une offre nouvelle. L’ouverture est prévue en octobre 2028. 80 000 visiteurs à l’année sont attendus.

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